J’AURAIS VOULU QUE CE SOIT TOI…

Nous sommes des milliards et pourtant j’aurais profondément voulu que ce soit toi…

J’ai cette déchirure de te laisser partir, ou plutôt de me laisser partir, car c’est toujours moi qui part le coeur déchiré de constater que je ne suis pas apprivoisable par cet humain que j’ai choisi; qui m’a choisie. Je ne suis pas pour lui. Il n’est pas pour moi…et cette peine connue, trop connue, s’empare de moi. Cette fatalité qui se répète, cette grande peine mi-humaine mi-spirituelle que je dois accueillir une fois de plus, car elle me demande d’apprendre à aimer inconditionnellement, humainement, sans attaches, sans attentes, sans projection, sans espoir, sans désespoir… Et je suis à cheval sur la sagesse et le déni, entre l’acceptation et la résistance de ce que je constate à mon plus grand désarroi comme une évidente explosion qui pourtant ne trouve aucun sens en moi. De prime abord, il ne me reste que de l’amertume et de l’injustice…de la déception et de la tristesse et beaucoup de colère.

Chaque fois, dans cet espace le plus sincère que je me connais dans mon coeur, j’ai souhaité que tu sois l’amour de ma vie. N’est-ce pas un peu tous ce que nous faisons lorsqu’on choisi de s’engager ? Rassembler tout l’espoir qui nous habite entre nos mains tremblotantes en les tendant à l’autre le regard mi-fébrile, mi-amoureux avec cette envie d’éternité ? Il y a souvent en nous cette peur lancinante de la déchirure, de la séparation, du rejet, de la trahison, de l’abandon. Cette peur déraisonnable qui nous rend possessif, inquiet, nostalgique, jaloux, attaché, résistant, mais si en fait ce qu’on ” perd ” ne nous était simplement plus utile, nécessaire ou destiné ? Ne serait-ce pas un cadeau divin devant lequel il serait beau et grand de s’incliner, le coeur émotif certes, mais résilient et débordant de foi.

J’ai vécu des deuils souvent et à répétition en résistant presque chaque fois à cette évidence qui me semblait une fatalité. J’aurais voulu que nos chemins puissent mieux se rencontrer, que nos âmes puissent aller plus loin, plus vite, j’aurais espérer tant de choses, mais plongée dans cette même peine, la joie inconditionnelle est venue me visiter et elle m’a fait réaliser que je n’avais pas de raisons de vouloir toutes ces choses de toi spécifiquement, car des TOI, il y en a eu plusieurs et il y en aura encore…

Tu n’as pas besoin de devenir le TOI que j’espère…en fait, il ne faudrait surtout pas que tu t’efforces à le devenir, car pendant que tu essaies de devenir quelqu’un que tu n’es pas pour moi, il y a un homme pleinement lui-même qui me cherche et que je cherche. Bien évidemment, qu’ici et maintenant, cela n’a aucun sens de penser ainsi. On s’aime. On n’a aucune envie de rêver à la prochaine personne pour qui notre coeur pourrait palpiter. On voudrait pouvoir nous soigner, nous rapprocher, transcender tout ce qui nous sépare, mais soyons honnêtes, profondément honnêtes pourquoi ? Pourquoi devrions-nous absolument passer à travers et perpétuer ce lien ? Au nom de qui, de quoi ? Pourquoi notre couple à tout prix ? Est-ce vraiment pour l’amour ou est-ce pour cette fameuse peur de la solitude et de l’incomplétude ? Est-ce pour ne pas avoir à recommencer ou risquer à nouveau ? Est-ce par peur de l’inconnu et du changement ? Est-ce par entêtement, par acharnement, par peur de perdre ?

Nous nous sommes chaque fois rapprochés un peu plus de la relation que l’on désirait, l’âme en paix avec les précédentes.

Alors, pourquoi ne pourrions-nous pas apprendre à être en paix avec la ou les suivantes?

Pourquoi ce besoin de se possèder et s’appartenir à tout jamais  si la Vie a prévu autre chose pour nous ? Pourquoi résister au propos pour lequel nos chemins se sont croisés. Cette raison parfois plus modeste et brève qu’espérée, mais assurémment déterminante et significative.

S’aimer vraiment, c’est savoir respecter l’évolution du lien sans chercher à s’interposer ni imposer quoi que ce soit.

C’est vrai, j’aurais voulu que ce soit…mais le coeur en peine je réalise que je n’ai pas à espérer tout cela de toi et moi.

Il ne me reste plus qu’à faire confiance à la Vie. Les yeux fermés. Le coeur ouvert.

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